Le Gévaudan ne garde pas de bons souvenirs du passage des soldats. Il a subi le passage des routiers anglais et français pendant la guerre de cent ans, puis les bandes indisciplinées des guerres religieuses du XVIe siècle.

Au XVIIe siècle, les soldats sont toujours, même en temps de paix la terreur du pays. Etablis en Gévaudan au début du règne de Louis XIII, sous prétexte de surveiller les protestants, les soldats du roi s’y conduisent en véritables brigands : ils maltraitent les paysans, leur imposent toute sorte de corvées et de prestations, volent leurs bestiaux et leurs fourrages, pillent leurs greniers, emportent leurs meubles et mettent parfois le feu à leurs habitations.

Des désordres sont commis à Grèze et dans sa région, jusqu’à Marvejols.
Aux environs du château de Peyre, dans les années 1620-1635, les soldats terrorisent les habitants, ils exigent par la force des corvées et des contributions qui ne sont pas dues, et arrêtent des marchands sur les routes.

En 1621, des régiments qui se rendent au siège de Montauban, ville protestante, exécutent de nombreux méfaits, par exemple à Grèzes et à Rocles.
A la même époque, une troupe s’installe dans la région de Grandrieu et se livre à la ‘’foulle du pauvre peuple’’. Les commis du diocèse parviennent à l’éloigner avec de l’argent.

En 1625, les habitants de Langogne prennent les armes pour chasser les soldats cantonnés dans la ville. La présence de troupes au Malzieu, à St-chély, à Saugues suscitent de nombreux troubles. 

Partout, l’autorité civile a du mal à rétablir l’ordre.
La démarche pressante des commis du diocèse auprès du gouverneur militaire du Gévaudan aboutit enfin à ce que le gouverneur de la province donne l’ordre aux troupes royales d’évacuer le diocèse.

Pendant la guerre de trente ans de 1635 à 1648, le Gévaudan doit loger chaque année de nombreux soldats envoyés en quartier d’hiver, assurer la subsistance des hommes et des chevaux et supporter les déprédations. Ainsi, en 1638, est cantonnée la compagnie de chevau-légers du maréchal de Schomberg gouverneur du Languedoc. En 1639, c’est au tour des 800 hommes du régiment de Montpezat avec plusieurs compagnie de chevaux-légers.